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jeudi 9 février 2017

CHANSON KAMIKAZE !

LES QUATRE NOUVELLES BRANCHES DU MABINOGI
Seconde saison : En Avallon


Chant seize

UPPERCUT FEINAL !
CHANSON  KAMIKAZE 

Ma vie, Mama Mia, Mia ma dame promise rêvée, 
Direct et droit, direct du droit, direct du gauche.
Ô Elffin, moi, direct, droit et gauche, je chante...
Le monde est un monde où tous les religieux mentent.
La Musique n'est que Musique, comme les croyances,

Pareil, les croyances ne sont que des croyances ! Par Èsus,
Tous les religieux nous mentent pour armer nos enfants ! 
Ma tendre rêvée, moi, direct, gauche et direct, je chante :
Direct du gauche ! Direct droit ! Direct et gauche.
Mama Mia, ma douce mie ailée, ma douche moitié,
Droit et gauche, direct de la droit, direct de
La gauche, direct sur la droite, direct à gauche
Je chante à tous et pour tous, en Gwenwed ;
L'amour n'est que l'amour et il
Ne NOUS sauve de rien puisque la mort n'est
Que la mort - aussi encore et vice versa -, idem que
Les croyances ne sont que croyances, la mort est
La mort. Moi droit, gauche et direct, j'éCRIs :
Direct du droit, direct du gauche, direct et droit.
Je m'en fiche pas mal de ce devoir...
Si CELA chagrine, Ô Guydon... Payer de sa personne.
Je pressens depuis trop longtemps que nos frères ne peuvent

De l'amour, de la vie, en sortir vivant !
Les religieux nous mentent - Ô abandonné en croix, Jésus !
Barres et pointes ! Dans le silence de nos nuits
- CRIS. Une chanson kamikaze, alors que des imbéciles orchestres
De rock'n'roll, d'exotisme festif, font danser
La foule enivrée à la grand'mess de l'
InHumanité, au moment même où, dans un couvent lugubre,
Une jeune jolie femme s'agenouille sur la dalle
Afin de prier pour le religieux insolent, encore imberbe,
Bien décidé, kamikazé-armé, à en découdre. Ô Graces !
Les religieux NOUS mentent... Ils ne sont plus seuls...
Voici les bras armés de jeunesses kamikazes sous les
Infâmes parrainages de quelques stars d'Hollywood. Uppercut feinal!



En vers arithmonymes de neuf.
 
Notes :

Uppercut : Terme utilisé en boxe pour désigner un coup porté de bas en haut.

Elffin : Elffin ap Guyddno, l'un des fils de Guyddno Garantir. Elffin est un être extrêmement malchanceux. Son père l'envoie pêcher un saumon et au lieu de pêcher le poisson, il trouve un petit garçon qu'il nomme Taliesin et ce qui signifie : le front radieux. Talieisin quoique encore bébé parle, sur le chemin du retour, dans le bel art de la poésie.

Esus : Dans la mythologie celtique signifie : bon maître puissant.

Gwenwed : Signifie le "Monde blanc" dans le néodruidisme. C'est le cercle de la félicité et de la plénitude. Il est le dépassement du cycle des incarnations symbolisées par Abrel [le monde des épreuves] et seuls les hommes sages peuvent parvenir au "Monde Blanc". Le concept est teinté de spiritualité extrême-orientale tel que le bouddhisme.

Gwydyon : Neveu de Math, Gwydyon est le seigneur du royaume de Gwynedd. Il prend en charge l'éducation de Lleu [voir note sur Blodeuedd/chant 9.]

lundi 6 février 2017

PRIÈRE DU SIMPLE À SA TENDRE

LES QUATRES NOUVELLES BRANCHES DU MABINOGI
Seconde saison : En Avallon



CHAMADE LYRIQUE

Chant quinziéme 
À Carole Icelle Carcillo
Je vous vois, mon tendre amour
Mes veines oublient le tortueux contour
Des tourments.  Prière ! Car ce jour
Encore offrir à s’aimer toujours.

Tendre chamade lyrique de l’ardeur
De mon âme. Fébriles féeries, bonheur !
Choyé par l’égide du coeur
J’entrevois l’Univers des bienheureux.

Aux étoiles de vos yeux voler !
Dans vos boucles brunes, y nager !
Si cela venait à s’esclipser
Je crains d’amour la saignée.

Alors, ne pouvant plus être percée
Du chœur des anges. Voyez calciné
Le bois de notre passion incendiée
Morne-fendu, moi, j’irai ésseulé.
En vers arithmonymes de 6


vendredi 3 février 2017

LA CHANSOU DU DOUDOULALA

LES QUATRES NOUVELLES BRANCHE DU MABINOGI
Seconde saison : En Avallon

Chant quatorze

La chanson du Doudoulala

HALLELUJAH ! Doudou Lala Dada Loula
Lalaloup HALLELUJAH ! Doulala Lala Doudou
La chansons des agneaux doux
La voilà ! De la bouche
Du berger vers sa princesse,
Par Sir John, pour vous
Livrés ma prière, mon chant.

HALLELUJAH ! Doula Ladou Doula Laloup
Dadaloup HALLELUJAH ! Doudou daloula Daloup
La chanson du fou doux
la voici... de l'âme
Crétine, monté... vers ma Princesse
Par le fidéle Jean-Louis
Berger d'Auvergne en poésie.

HALLELUJAH ! Loup Doudou Doulaloup Ladou
Louloula HALLELUJAH ! Mamapa Papaloup Doumapa
En attendant ma louve douce
La voici ma chanson, fendue
De mon éCRIture de vie
Par le sacré Bacon Francis,
L'Irlandais du partout fou.

HALLELUJAH ! Madouloup Daloufou Devous
Devouloup HALLELUJAH ! Doudoufou Doula Ladou
Le berger chante pour vous
La voici, voilà... La berceuse
Par Sir John, Jean-Louis,
Francis Bacon... Ma chanson incarn ée.
En vers arithmonymes de cinq.


Notes :

Hallelujah ! : Ici, hallelujah, est utilisé en référence à la célèbre chanson de Leonard Cohen que l'ex-violoniste et claviériste du Velvet Underground, John Cale, a sublimé par une version épurée (voix et piano).

Sir John : Ici, il s'agit d'évoquer le musicien gallois : John Cale.

Le fidèle Jean Louis : Il s'agit d'évoquer le musicien, compositeur et interprète : Jean Louis Murat.


Rappel : Les Nouveaux Chants du Mabinogi sont la propriété de Carole Icelle Carcillo.

samedi 21 janvier 2017

LU DANS LE REGARD DE L'INDIEN WHISRAM.

LES QUATRE NOUVELLES BRANCHES DU MABINOGI
Seconde saison : En Avallon.
Jeffrey Lee Pierce & The Gun Club

Chant treizième 


LU DANS LE REGARD DE L’INDIEN WISHRAM
[Comme une valse crétine pour un idiot]

À Jeffrey Lee Pierce 
1.
Tu as assassiné le facteur ! J’ai dans la bouche
Le goût d’une eau marine. Elle dépose des algues
Qui me parlent de toi, du troupeau des créatures,
Ces bisons blancs de novembre. Ils chevauchent l’écume crémeuse
Des vagues grises en Mer du Nord. Dans ma mémoire,
Dans mes nuits, aboient des chevaux guerriers que tu dresses.
Je perçois : plaintes de bêtes que l’on mutile / Minuit crétin.
J’attends pour entendre le son de ta voix enfouie,
Aux creux de mes oreilles, pareille à la jeune abeille
Heureuse qui tourbillonne au-dessus de la mêlée des habitudes.
Ton absence dessine une balafre au fond de ma gorge.

Tu renies et enterre le Myrddin ! Sur une pierre blanche
D’un puit oublié, un petit sansonnet lisse ses plumes,
Il se souvient de nos soleils-Amérike, De nos nuits perlées
D’étoiles-opéras-baroke. Près de l’étang une indienne
Baisait alors le guerrier comme on libère un peuple enchaîné.
Truies fascistes que notre terre s’arrache de vos racines.
Les arbres vous quitteront. Les mouettes hurlantes, désespér
 appellent à
Se faire gober par-delà la lumière de la lune.
Des étoiles de tendresses percent ma peau de solitude septentrionale
De leurs petites dents lumineuses. C’est la tendre morsure
Qui me pince le creux de l’âme, Janie Jones hurle ;


Tu as enseveli le Wishram ! Le gracieux indien Chinnok. SHIT !
J’avale la piste. J’introduis mon doigt, en dedans.
Entre mes épaules fanées, des coquelicots funestes décochent leurs flêches
Parfumées mais empoisonnées du souffle de ta gorge. Sans larmes
Je m’agenouille, souillure, que l’on me tranche membres
Et tête, si je ne peux plus de moi coucher,
Le meilleur, sur toi… tout à l’intérieur. Puis le vertige.


2.
Mort, faites taire mes regrets. Ne faites pas de moi
Un « poète maudit ». Scotchez au sapin vos plus jolis souvenirs
Pissez,… de joie pour moi, …des guirlandes de bières belges.
Allumez, les cierges de votre bienveillante sainteté – comme quand unis
Nous étions innocents, joyeux, tendres.  Back to Black White Song !
Dessus l’étagère de mon bureau, une ancienne carte postale
Avec le regard profond, triste de l’indien Wishram, l’indien Chinnock
Des confins Washington-Oregon. Radio Clash, je chante avec lui
La danse du secret des loups et autres pauvres crétins.
Le regard triste du Wishram bienveillants me dévoile nos tourments.
Tes baisers rouges tournent incandescents autour de mon âme désertée.
Dans le puit vide de nos chairs, le Wishram pleure.

En vers arithmonymes de 10
Jeffrey Lee & The Gun Club
Notes :

Wishram : Nom d’une tribue amérindienne d’indien dont on peut dire qu’elle a quasiment disparue.

Jeffrey Lee Pierce : Chanteur, guitariste et compositeur. Jeffrey Lee Pierce est un musicien américain né en juin 1958 et décédé, suite à une hémorragie cérébrale en mars 1996. Il est surtout connu pour avoir été la figure de proue charismatique et par certains aspects chamanique du groupe The Gun Club qui a développé une vision hypnotique de l’histoire musicale des Etats-Unis mêlant rythmes vaudou, sauvagerie punk, esthétique parfois country, à un style fondamentalement blues. Ni The Gun Club, ni encore moins Jeffrey Lee Pierce en solitaire n’ont atteint un succès commercial significatif pourtant le leader de The Gun Club a toujours été salué par la critique et reconnu comme l’une des personnalités « rock » les plus influente de son époque, impressionnante… Et peut-être encore plus aujourd’hui de par le recul de l’histoire.

Chinnocks : Les Chinnocks étaient une tribue amérindienne vivant dans le nord-ouest des Etats-Unis. Sa langue était le chinnokan [maintenant une langue morte].

Shit ! : Signifie une injure dont l’équivalent en français est le célèbre mot du Général Cambronne.

Back to Black White Song ! : Signifie en anglais quelque chose comme : Le retour noir de la chanson blanche !

Love Supreme : A Love Supreme est un album-concept de John Coltrane enregistré en 1964. Il est considéré comme l’un des albums de jazz et dans la musique du siécle 20. Jeffrey Lee Pierce, avec The Gun Club a parfois repris ce titre d’une manière très tribale.

vendredi 13 janvier 2017

...AR DRAWS

LES QUATRES NOUVELLES BRANCHES DES CHANTS DU MABINOGI
Seconde saison : En Avallon. 

Chant douze

...Ar Draws

...Ar Draws, yn Fflandrys, ar y fynwent fach yn Boezinge
Gwynt Llwyd a gwlyb Ionawr. Ar Draws... Draw... Ar Draws.
Llais swynol, rhwng Langemarke ac Elverdinge - Beddau carreg, tafodau gwyn -,
DRAW ! Dan gân fud y claddiedig rhai, rhuir ffyrnigrwydd trais
Yr ymlad, yn ddi-baid, yn ddi-fudd... Ar Draws...
Draw... Ar Draws. Yn naddion ysbrydod ; ô dän a dur,
Mae gwenfflam ar led o hyd. Ar Draws, draw... Ar...
Ar Draws... yn rhwygo wybrenau'n côf - Laù ingravé Hedd Wyn -,
Yn y gaef, a oers côf gan yr wyn ? DRAWS !
Ebran y Hadd-dai, ar ymyl dôl y pabi... Draw... Ar
Draws...Daw awen i law teithiwr, cherdyn i gwpl bell...
...Ar draws... Ar draws... Ar draws... Ar draws... Ar draws...
Poème en gallois, écrit avec l'appuie
de Jennifer Abell et de Stefan Davies,
en vers arithmonymes de dix.

Traduction française 
par l'auteur.
 ...De l'autre côté

...De lautre côté, en Flandres, sur le petit cimetière de Boezinge, / Le souffle humide et gris de janvier.  De l'autre côté... Là... De l'autre côté / Une voix courtisane, entrr Langemark et Elverdinge, / - Langues de pierres blanches, tombales. / Là ! Sous la musique mutique des dépouilles ensevelie / À jamais résonne, brutale, la furie des combats... De l'autre côté... / Là... De l'autre côté. Fantomatiques, des copeaux de flammes et d'acier lacèrent, / En brasiers encore furieux. À travers, là...Sur... /...De l'autre côté... Les cieux de nos mémoires  - Ici repose en terre Hedd Wyn - . / Dans l'hiver, les moutons, destinés aux abattoirs se souviennent-ils ? Là ! En bordure des pairies de coquelicots... Là... De l'autre / Côté... La jeune égérie de passage rédige une carte postale, à un vieux couple gallois.../ ...De l'autre côté ...De l'autre côté ... De L'autre côté ...De L'autre côté... De l'autre côté.
Notes :

Hedd Wyn : Voir la note du chant 8.

vendredi 6 janvier 2017

HOMMAGE POUR LE RIMBAUD DE LA PROMENADE DE CWNDONKIN

LES QUATRES NOUVELLES BRANCHES DES CHANTS DU MABINOGI
Seconde saison - En Avalon
Afin d'écouter, pendant la lecture,
l'illustration sonore désirée ci-dessous,
cliquez d'abord sur la vignette-son 1.,
attendez 5 à &0 secondes puis cliquez sur vignette-son 2.
1.
2.
Chant onze

Toussint-Ducasse por l'Rimbaud ed Cwndonkin Drive.

Malheur à celui qui n'a pas le courage d'assembler
Deux paroles qui n'avaient pas été jointes.
Valle-Inclan.

E-pi, inmatabëlmint... Inmatabëlmint chèle mér bérbiante ale vaù é-pi ale vient
Ej mairche seu din Swansea, acq dzou m'pio dz' àwuiles
Ed po.ézie déquitées a no-z ivrésses ed solitude, ed pore leu
Délo-ï-é par in séquant onmes blaincs tout ramonchlés... and Ceaselesslyg... Cesaselessly...
Din ch'parfond d'lù anme... Invoées, eus, pus long,
Stapindaint nos bay't' din dz'étrèpes roujes qu'i mil't'
Ell éco d'lus voèsses ; acq dés plajes noérchites i mèt't'
Du lu dzeur n-z érainches pair nuit. WILD STORM GOLD BONES !

RAVISE CHI, NOU-Z OETES IN YY'ET NIN ! EUS I VIV'T' !

Core toudi, i nous bay't' ech tènps, in tènps... pus mainque
Droéle ed vacchinacion, qu'ech'ét... conme ech ramintuvrache in fu
Ed quo qu'ch'étot, qu'no-z éxitinches innochaintes d'edvaint
Qu'os soéyonche acateus-acatabe, consommateus-consonmabes...
                                                                       / Turning into consumed consumers.
Pi din lù rabiyures d'artisses chés jonnes chorcéles i vuid't
Ed l'école por èle d-alé à l'f:éte dë zz'ans
Dech kièn d'Laugharne, Li, i abaye - Rimbaud ed Cwndonkin Drive -
"Vlaù qumint qu'ale ét, chéle voésse ed caligraphie-sonore - WONB TOMB !
(Wond Tomb Blue, Wood Worm Blood and Wild Storm Gold Bones.)
Pair ezz' àwuiles ed po.ézie dzou no pio... achteure os savons
Nou-z inmirouyé d'éfroé, nous pinde d'anmoér pou l'berlé...
- For this Burning baby's Cry -  ...d'nouvio-né qui s'inblaque.
E-pi, inmatabêlmint... unmatabëlmint chéle mér bérbiante ale vaù é-pi ale viènt.

(...And Caeselessy the Flutty Sea Pulses under Edd and Flow.)

 En vers arithmonymes de onzes.




Traduction par l'auteur
de la version originale en picard.

Hommage pour le Rimbaud de la promenade Cwndomkin 

Je marche dans Swansea, sous la peau des aiguilles
De poésie abandonnées à nos ivresses de solitude
Par quelques hommes recroquevillés
Tout dans le dedans de leur âme... Disparus, pourtant plus loin,
Ils nous délivrent, en échardes lumineuses,
L'échos de leurs voix - en pages noircies ;
Ils illuminent nos errances nocturnes.

NOUS SOMMES ABSENTS ! EUX VIVENT !

Encore, ils nous offrent ce temps, un temps...
-Etrange vaccination... comme le rappel
De ce que furent nos existences
Avant de devenir ? Acheteurs-achetable, consommateurs-consommables.
Puis, dans leur costume d'artiste, les jeunes sorcières sortent
De l'école afin de fêter l'anniversaire
Du chien de Laugharne. Il aboie : "Telle est la voix
Des calligraphies sonores de Dylan Thomas."
Par ces aiguilles de poésie sous nos yeux... Nous
Pouvons alors nous émerveiller d'effroi, nous prendre d'amour
Pour le cri du nouveau-né qui s'enflamme.
Inlassablement... Inlassablement la mer moutonneuse poursuit son va-et-vient.

Notes :

Arthur Rimbaud : Poète français né à Charleville en 1854. Il meurt à Marseille, en 1891, alors que son oeuvre commence à être reconnue comme l'aboutissement des recherches romantiques et baudelairiennes, nourries de révoltes. Génie précoce, il a écrit la quasi-totalité de son oeuvre avant d'avoir 21 ans.

Cwndonkin Drive : Rue qui longe le parc de Cwndonkin à Swansea où aimait se promener le poète  gallois Dylan Thomas.

Valle-Inclan : 1866-1956. Dramaturge, poète et romancier espagnol. Il fait parti du mouvement moderniste espagnol.

Laugharne : En gallois Talacharn, petite ville située sur l'estuaire de la Taf dans le comté de Camarthenshire au Pays de Galles. Elle est connue pour avoir été la dernière résidence du poète Dylan Thomas de 1949 à 1953. Dylan Thomas est enterré au cimetière de Laugharne.

Merci de cliquez d'abord sur la vignette sonore n°1
et à la suite, après avoir laissé passer les applaudissements et dés les notes d'introduction au piano , cliquez sur la seconde vignette.
Bonne écoute.
1.
2.

jeudi 5 janvier 2017

RUE DE LA CHAÎNE

LES QUATRES NOUVELLES BRANCHES DES CHANTS DU MABINOGI
Seconde saison - En Avalon.



Chant dix

Rue de la Chaîne


Des parois de ses caprices, je me décroche. Se désentraver ;
En l'au-delà du fond de son panier percé,
Mes poignets libérés des lacets du corset de la belle.

Sur les traces de Victor Hugo, Konrad Schmitt arpente, fiévreux
Le chemin des remparts, près du lycée, à Montreuil-sur-Mer.
Je mêle ma langue à l'herbe, aux parfums des terres.
Je cogne mes godasses sur les pavés de la chaussée
Royale. Esseulé, je jure comme un vieux charretier picard ivre.
"T'é vaù vir' eute ghife ! In n'mi àrprindra pus !"
La Canche se souvient d'autres rives, d'une époque
Où les puissants vaisseaux accostaient au grand port du Ponthieu.
Les voisins étaient flamands, avec leurs jeunes enfants venus d'Ostende.
Un cerf-volant, en sentinelle au-dessus de la forteresse,
Flottait dans les cieux printaniers engorgés de soleil, de promesses.
Des souterrains allemands rampent sous la citadelle. De sombres niches
Creusées par l'Homme abritent une obscurité opaque, froide, pesante...
Combien de tristes secrets ? Dans le silence des voix éteintes
Résonnait la violence de notre rencontre. Tel un poing serré,
Droite, elle était redressée, tendue à la face de la
Sale grande gueule du temps. Assis sur la pierre grise.
À l'entrée de l'auberge, à mes côtés, rien
Qu'une fleur jaune sur une veste anthracite abandonnée.
Puis, m'en allant, je joue de la viande crue
Dans l'échine d'une poésie récalcitrantes. Je fais tâche 
De vin - Pauvresse, tu forniquais déjà trop ! - sur ton business.
Bergère, j'ai hâte, maintenant, d'innocence en Saint-Amand.
En vers arithmonymes de dix.

Notes :

Victor Hugo : Ecrivain français -1802-1885. Son oeuvre est foisonnante, on lui doit notamment l'épopée de : La légende des siècles et le roman Les Misérables.

Konrad Schmitt : Né en 1995 dans le village de Buire-le-Sec (Sud-ouest du Pas-de-Calais des villes de Montreuil-sur-Mer et Berck). Il est un peu devenu une espèce de mythe par l'oeuvre qu'il a, en quelques années, produit (littéraires, plastique, musicale). Cette oeuvre est d'une originalité et puissance inouïe, dominée par la figure de l'idiot du village confronté aux épreuves existentielles et spirituelles les plus intenses. Longtemps incomprises cette oeuvre a, aujourd'hui, trouvé ses lecteurs, qui la considèrent comme l'une des plus fortes manifestations poétiques dans le Nord et la Picardie au siècle 20. Il est l'une des figures de proue, si ce n'est pas la figure, d'une nouvelle mythologie naissante de la Grande Picardie Mentale. De Konrad Schmitt, on peut dire qu'il a brandit très haut le double étendard de la crétinerie et de la ruralité.

Montreuil-sur-Mer : Chef-lieu d'arrondissement du Pas-de-Calais. Victor Hugo y situe le début de son roman Les Misérables, de nombreuses scènes telle celle de La rue de la Chaîne où dans une large et longue rue fortement pentue, qui monte vers La Grande Place de Montreuil-sur-Mer, Jean Valjean, de la force de son dos, arrête une lourde charrette qui s'étant décrochée risque d'écraser des enfants. Aux alentours de la fin des années 60's et au tout début des 70's, un groupe d'étudiants a créé le groupe surréaliste de Montreuil-sur-Mer dont quelques temps Konrad Schmitt a été un des principaux acteurs. À cette époque, on pouvait dans certains bistrots de ce chef-lieu, l'entendre déclamer ou chanter ses textes.

"Té vaù vir' eute ghife ! In n'mi àrprindra pus !" : En picard signifie : Tu vas voir ta gueule ! On ne m'y reprendra plus !

La Canche : Petit fleuve qui coule au pied de Montreui-sur-Mer.

Ostende : Ville importante de Belgique [en Flandre-Occidentale]  et station balnéaire en bordure de La Mer du Nord.

Saint Amand-les-Eaux : Ville du Nord de la France, dans l'arrondissement de Valenciennes et traversée par la Scarpe. Il faut surtout retenir que c'est dans cette cité, au sein de la magnifique TOUR ABBATIALE qu'a été retrouvé La Séquence de Sainte Eulalie (881) qui est restée durant très longtemps le plus ancien texte littéraire écrit en langue d'oïl à l'époque carolingienne. Un examen attentif permet de constater que ces vers sont écrits en picard, ou du moins, ce que l'on peut nommer et désigner comme du proto-picard.